L’augmentation des déchets n‘est pas une fatalité
Le plan départemental d’élimination des déchets ménagers et assimilés (PDEDMA) du Gers date de 2003. Il est de la responsabilité politique du Conseil général. Les syndicats des élus (Sictom,
Sidel, etc.) sont chargés du tri, de la collecte des déchets et Trigone (syndicat mixte départemental) de leur traitement.
Les Verts du Gers tirent le bilan de six années de mise en oeuvre de ce plan par le Conseil Général.
Si la gestion des déchets a progressé dans le département avec l’installation d’aires de collectes, la création de déchetteries (il reste encore à créer celle de Thoux dans le canton de Cologne),
nous sommes encore très loin des ambitions affichées à l’époque et de la priorité des Verts qui est de réduire drastiquement la production des déchets à la source.
Pour y parvenir, il nous faut impérativement remettre en cause la conception et la fabrication des produits, le conditionnement pour la vente, pour les transports. D’autant que le prix du pétrole
nous incite à repenser nos modes et nos pratiques de consommation.
Exiger la redevance «à la levée» ou «au poids»
Nous trions de mieux en mieux, plus efficacement, mais nous payons toujours aussi cher. Et demain, nous paierons encore davantage si l’on en croit le bulletin d’information du SMCD du secteur
Sud, diffusé dans nos boîtes à lettres en novembre 2008. En effet, il annonce que la taxe d’enlèvement des ordures ménagères sera augmentée de 2%.
Pour que ces efforts de tri soient enfin pris en compte dans le coût du traitement des déchets, les Verts préconisent la mise en place de la redevance «à la levée» ou «à la pesée embarquée».
C’est-à-dire que le montant de la redevance, pour le système dit «à la levée», se base sur le nombre de fois où la poubelle est présentée à la benne ordure. Quant au système de pesée, un
dispositif électronique placé sur le camion de collecte identifie le bac et le pèse. L’usager est alors facturé en fonction du poids de ses déchets.
Dans les deux cas, les administrés ne payent plus en fonction de la grandeur de leur habitation (taxe très injuste), mais selon la quantité de déchets produits.
Dans les collectivités où les redevances «à la levée» et «à la pesée embarquée» ont été mises en place, le volume collecté des déchets a baissé.
Bien sûr, généraliser ces systèmes n’est pas sans difficulté. Des comportements inadmissibles allant des décharges sauvages au brûlage illégal sont à craindre.
Si ces systèmes peuvent se concevoir pour des zones pavillonnaires, il faut les adapter pour l’habitat collectif. Quel que soit le système qui sera retenu, le prix de la gestion des déchets sera
connu par l’usager en temps réel et il sera proportionnel à ses efforts.
Certains esprits chagrins jugeront sans doute utopique la mise en place effective de cette tarification incitative. Il faut savoir que tant dans les communes de petites tailles (Portes d’alsace
13000 habitants) que dans les villes moyennes (Besançon 170000 habitants ), les techniques utilisées ont fait leurs preuves pour la plus grande satisfaction des usagers. La mise en place de la
tarification incitative est possible, il faut surtout de l’audace.
Dans les prochains jours, cette ancienne revendication écologiste pourrait trouver une réalité avec le Grenelle de l’environnement. Les conclusions de ce dernier vont dans ce sens. Souhaitons,
que la volonté politique soit au rendez-vous. Les Verts y veilleront.
Maintenir les efforts de sensibilisation au compostage
Pour apporter une réponse locale à la production et au traitement des déchets verts, des composteurs individuels sont distribués par Trigone. Mais on ignore toujours le tonnage sorti du circuit
de collecte, ce qui nuit à l’efficacité de cette activité.
Le plan départemental de 2003 parlait de plates-formes de compostage collectif. Dans le cadre du département, l’initiative d’une plate-forme de compostage doit relever impérativement de la
collectivité condition d’une mise en œuvre responsable. En aucun cas, elle ne doit dépendre d’une entreprise privée.
Et les scénarios de traitement doivent intégrer les spécificités locales: à savoir la densité de l’habitat, la présence plus ou moins importante de déchets organiques compostables, les
difficultés (éloignement de la plate-forme) des utilisateurs qui pour beaucoup seront des agriculteurs…
Car chacun sait que le traitement des déchets peut occasionner un certain nombre de désagréments. Il convient de rechercher les techniques les plus adaptées à notre territoire et d’en informer,
voire y associer les citoyens.
De la participation des usagers, dépendront les résultats.
Communiquer
En matière de communication, les Sictom peuvent et doivent mieux faire. Il ne suffit pas de proposer, il faut faire savoir. Il faut que les Gersois sachent que les centres d’enfouissement
technique sont proches de la saturation: d’ores et déjà Moncorneil fonctionne à plein régime et selon des sources sûres Pavie sera saturé en 2011.
Le tri est nécessaire, mais il ne suffit plus. Tout n’est pas recyclable et ce qui est l’est ne l’est pas toujours à 100%. Une seule solution: réduire la production des déchets ou trouver
d’autres centres d’enfouissement sur des sites adaptés.
Parler de déchets, c’est aussi anticiper le nouveau plan mis en place par le conseil général qui démarrera en 2010.
Les Verts s’engagent à influer sur ce nouveau plan pour une réduction drastique des déchets à la source afin d’en limiter le tonnage global.
Fatma Adda
Cet article est extrait du Poivre Vert n° 23 que vous pouvez télécharger : Poivre Vert n° 23.
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