À compter du 1er janvier 2009, l’ANPE et les ASSEDICS font guichet unique. L’idée du Pôle Emploi, issu de cette fusion, est d’améliorer le service rendu et de rendre les choses plus simples pour
les demandeurs d’emplois.
On doit redouter l’effet contraire : Les deux institutions sont de nature, de culture, de statut, de métier différents. Autre différence, les salaires sont supérieurs aux Assedics de 30% à
ceux des salariés de l’ANPE.
Ce rapprochement est mené à marche forcée et encore une fois à la va-vite. Beaucoup de zones d’ombre existent. Quel sera la nature du nouvel organisme? On sait déjà que le personnel sera sous
statut privé régi par une convention collective. Le personnel de l’ANPE pourra conserver son statut ou opter pour le nouveau. Les rémunérations seront-elles tirées vers le haut ou vers le bas
(ASSEDIC/ANPE) ? Autant de questions sans réponse.
Mais, les demandeurs d’emploi devraient trouver en un même lieu les ressources indispensables à la gestion de leur indemnisation et à leur recherche d’emploi. Fort bien ! La fusion n’était
cependant pas indispensable pour atteindre cet objectif. Il suffisait d’installer les deux institutions sous le même toit. De nombreuses Maisons pour l’Emploi présentent cet avantage pour leurs
usagers.
Mais le gouvernement va plus loin dans sa boulimie de « réformes ». Il se félicite à l’idée de voir le même conseiller prendre en charge un chômeur pour son inscription, le montage de son dossier
d’allocation, la gestion de son dossier administratif, son accompagnement, son orientation, sa formation, jusqu’à sa reprise de travail. Mission impossible quant on connaît un tant soit peu la
complexité de ces métiers.
Imaginer une polyvalence sur ces deux métiers, c’est vouloir créer un super conseiller, qui ferait face à toutes les situations, qui résoudrait toutes les problématiques. Ceci n’est qu’un
fantasme. À terme, c’est mettre les agents en situation d’incompétence en raison de la charge et des conditions de travail. Résultat : conseillers angoissés, mal dans leur peau, chômeurs
insécurisés et frustrés. La démarche du gouvernement est bien connue: on enlève les moyens au service public, on le déstabilise. Puis on le targue d’inefficacité. Une seule solution: on
appelle le privé qui devient le dernier recours.
En réalité, cette fusion réalisée dans ces conditions ne présente aucun avantage ni pour les salariés ni pour les demandeurs d’emplois. Les Verts dénoncent cette politique de démantèlement du
service public et s’engageront auprès de ceux qui se battent pour le défendre.
Fatma Adda
Cet article est extrait du Poivre Vert n° 23 que vous pouvez télécharger :
Poivre Vert n° 23.
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