Il s’agit d’un programme d’actions pour le XXIe siècle orienté vers un développement soutenable de la planète. Il a été adopté par les pays signataires de la Déclaration de Rio Janeiro en juin 1992.
Chaque action menée doit intégrer trois grands thèmes fondamentaux : l’environnemental, le socialet l’économique, tous trois étant indissociables les uns des autres. En adoptant la stratégie nationale du développement soutenable, la France a décidé la mise en place de 500 Agenda 21 locaux en cinq ans, notamment sur les territoires bénéficiant d’une aide publique dans le cadre de contrats territoriaux. L’élaboration d’un Agenda 21 local est une démarche volontaire qui peut être porté par n’importe quel niveau de collectivité (une région, un département, une agglomération,
une commune) dans ses domaines de compétence.
Le Conseil général du Gers a décidé d’élaborer son Agenda 21 qu’il vient de rendre public.
L’Agenda 21 Gersois annonce une fanfare de mesures qui vont pour la plupart dans le bon sens.
Nous enregistrons avec une grande satisfaction la prise en compte de certaines revendications des Verts.
Espoir : Quand l’agenda 21 veut sensibiliser les communes rurales aux nouveaux systèmes épuratoires : lagunes, filtres à roseaux plantés, flottants…(opération 30.1).
Malheureusement si les énoncés semblent enthousiasmants, dès que l’on y regarde de plus près, on en perçoit très vite les limites.
Vigilance ! De nombreuses interrogations se posent. L’exemple de l’agriculture est révélateur :
- Comment assurer le développement de l’élevage extensif, quand le prix du foncier est si élevé et que nombre de terres agricoles (certaines bénéficiaires de subventions) sont détournées à des usages spéculatifs, notamment pour l’immobilier ? ;
- L’élevage extensif qui devrait se développer permettrait de réduire les surfaces cultivées en maïs, donc une moindre dépendance à la ressource en eau. Faut-il comprendre qu’il ne sera plus créé de nouvelles retenues collinaires et que le projet de Charlas est définitivement écarté ?
- La France étant actuellement importatrice de produits issus de l’agriculture biologique, comment le Conseil général espère-t-il accroître l’installation ou la reconversion des agriculteurs à ce mode de production ?
Il serait, pour cela, nécessaire que le Conseil général se rapproche des communes, afin que celles-ci s’engagent, dans le cadre de l’élaboration des PLU, à créer des réserves foncières (non soumises à la spéculation) dédiées à la production de nourriture saine et de proximité.
Nous entrons irrémédiablement dans l’ère du pétrole cher et nous subissons en même temps la crise de la production alimentaire. Les huiles végétales, produites localement, peuvent être utiles pour réduire les coûts de production des agriculteurs, donc de l’alimentation, voire des transports en commun. Pourtant, est-il souhaitable de généraliser leur usage ? Car, si la terre arable doit servir avant tout à nourrir la population, comment soutenir la production des huiles végétales sans remettre en question la sécurité alimentaire ?
En conclusion, si nous approuvons cette prise de conscience des enjeux environnementaux, nous ne pouvons que regretter, une nouvelle fois, qu’elle ait été longue et difficile. Pourquoi le parti socialiste a-il préféré écouter Claude ALLÈGRE, Jean-Claude GAYSSOT ou Louis LE PENSEC plutôt que Dominique VOYNET qui, avec les Verts, a toujours soutenu un mode de développement soutenable face à l’utilisation des ressources naturelles ?
Nous appelons donc de nos vœux une politique volontariste déclarée. Faute de quoi, à l’image du Grenelle de l’Environnement, l’Agenda 21 du Gers restera une coquille vide. Rappelons, pour finir, que selon l’OCDE, l’abandon d’1 point du PIB mondial prévu à l’horizon 2030 permettrait de financer des politiques (audacieuses et courageuses, il est vrai) nécessaires à l’élaboration d’un développement soutenable. Une politique trop « frileuse » vis-à-vis des problèmes d’environnement, nous coûtera inévitablement beaucoup plus cher !